Pour ou contre l’utilisation des OGM en France ?

OGM
crédit photo : Claudio Mufarrege

Numéro 1

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Que sont les OGM?

Les Organismes Génétiquement Modifiés sont des organismes vivants dont le patrimoine génétique a été modifié artificiellement. Un ou plusieurs nouveaux gènes d’une autre espèce sont insérés dans le génome d’un organisme afin de lui procurer de nouvelles propriétés comme la résistance à un insecte ou à un herbicide.  Cette technique est essentiellement utilisée dans le domaine des cultures agricoles.

Techniquement, plus de 60 espèces végétales peuvent aujourd’hui être génétiquement modifiées. Les plus utilisées dans le monde sont le maïs, le soja, le coton et le colza. Le soja et le maïs occupent à eux seuls plus de 80 % des surfaces cultivées.

En 2010, les organisations internationales ont recensé 148 millions d’hectares cultivés dans 29 pays. Les cultures OGM représentent aujourd’hui 9 % des cultures mondiales (0,2 % en Europe).

Les principaux producteurs sont les Etats-Unis, l’Argentine, le Brésil, l’Inde et le Canada. Le développement des cultures OGM commence également dans certains pays situés à l’est et au sud de l’Union Européenne, ainsi que dans le plupart des pays en voie de développement mais diminue en Europe (-12 % en 2009).

Cultive-t-on des OGM en France ?

Aujourd’hui en Europe, seuls trois OGM sont autorisés à la culture : le maïs MON810, le maïs T25 et la pomme de terre Amflora.

Mais la France ne produit aucunes de ces 3 cultures. Le maïs T25 et la pomme de terre Amflora n’ont jamais été cultivés en France et le Gouvernement a interdit la culture du maïs MON810 depuis 2008 en raison de travaux scientifiques mettant en évidence qu’il pouvait présenter des risques pour l’environnement.

Mange-t-on des OGM ?

ors que leur culture n’est pas autorisée en France, il est en revanche possible d’importer de nombreux produits fabriqués à base d’OGM. On les retrouve essentiellement dans des produits dérivés d’OGM sous forme de farine, d’huile ou encore d’additifs qui serviront à la fabrication de produits courants comme le pain, les céréales pour le petit-déjeuner ou encore les biscuits apéritifs.

Tous ces produits doivent être étiquetés pour leur caractère génétiquement modifié, sauf en cas de présence fortuite à une teneur inférieure à 0,9 %

Numéro 2

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LE « POUR »

Oui à la liberté de cultiver et d'utiliser des OGM en France, comme ailleurs !

Billet rédigé par :

Marc Richard-Molard

Délégué permanent Initiatives Biologiques Végétales (IBV)
http://www.ibv-blog.com/

Depuis 19 ans, les cultures d’OGM sont en croissance constante dans le monde. En 2014, elles ont représenté 180 millions d’hectares, 18 millions d’agriculteurs dans 28 pays sur tous les continents, la moitié dans des pays en développement. En 19 années, aucun effet négatif sur la santé des animaux ni sur celle des consommateurs n’a été mis en évidence. Concernant les impacts sur l’environnement, ceux qui sont évoqués par des institutions sérieuses, relèvent uniquement de la gestion agronomique de ces plantes qui pourrait facilement être optimisée en France, et en aucun cas de leur nature OGM.

 

Une méta-analyse récente (2014) qui a étudié 150 publications scientifiques montre que ces plantes ont eu des conséquences très positives sur les revenus des agriculteurs, sur les rendements comme sur la réduction de 37% des utilisations d’insecticides, particulièrement grâce aux des plantes dites « Bt », résistantes à des insectes comme le cotonnier (70% de la production mondiale est OGM dans des pays aussi divers que les USA, l’Inde, la Chine, le Burkina Faso), ou le maïs « Bt ».

Les biotechnologies et, tout particulièrement, les nouvelles techniques d’édition de gènes permettent d’ores et déjà de créer des plantes plus résistantes aux ennemis des cultures, plus économes en fertilisants et en eau, en phase avec l’idéal agro écologique et le Plan Ecophyto 2.

 

Les biotechnologies végétales constituent aussi un des leviers  majeurs  pour faire face aux défis de la sécurité alimentaire (besoins alimentaires en hausse de 70% d’ici 2050 selon la FAO), dans un contexte critique de changement climatique. Les émeutes de la faim en 2008 nous rappellent que la partie est loin d’être gagnée.

 

D’autre part, des plantes d’intérêt pour la santé publique (bio fortifiées en vitamine A), ou capables de produire des médicaments (vaccin Ebola) sont également en développement.

Dans notre contexte d’économie en panne, peut-on se permettre de renoncer aux innovations que proposent  les biotechnologies vertes ?

 

Et pourquoi priver les producteurs français des mêmes outils que leurs concurrents alors qu’on importe massivement du soja OGM pour l’alimentation animale?

N’est-il pas légitime de faire respecter la liberté de cultiver des OGM et de les expérimenter au champ, prévus par la loi OGM de 2008 et qui n’a jamais été appliquée ? Il y a en France, en effet, toute la place pour divers modèles de production.

 

LE « CONTRE »

Nous n'avons pas besoin des OGM

Billet rédigé par :

Anaïs Fourest

Chargée de campagne Agriculture Greenpeace France
http://www.greenpeace.org/france/fr/

Aujourd’hui, la quasi-totalité des OGM cultivés dans le monde sont des « plantes pesticides ». Cela signifie que ces plantes génétiquement modifiées (maïs, soja …) sont conçues pour résister à un ou plusieurs herbicide(s) ou pour produire un insecticide en continu, ou les deux. Ainsi, cela permet d’utiliser des herbicides sans crainte de tuer ces plantes et d’éviter le recours à un insecticide pendant la croissance des plantes, puisqu’elles le sécrètent elles-mêmes.

 

En France, ce sont ces OGM qui ont failli arriver dans nos champs et nos assiettes à plusieurs reprises. Ce qui peut apparaître comme un progrès présente en réalité de nombreux risques. La mécanique est simple : l’agriculteur qui cultive des OGM peut utiliser beaucoup d’herbicides, ce qui entraînera plus de pollution des sols et des nappes phréatiques. Dans le cas d’un OGM produisant un insecticide, les insectes nuisibles vont développer une résistance à l’insecticide à force d’y être exposés… ce qui va inciter à l’utilisation d’encore plus de pesticides. Sans compter que de nombreux insectes non ciblés par l’insecticide sont menacés par cet insecticide (papillons, coccinelles…). Les risques pour l’environnement sont donc nombreux.

 

Une autre menace concerne la contamination par des OGM des champs ou des semences des agriculteurs qui souhaitent produire sans OGM. Il est impossible d’assurer une étanchéité totale entre filières OGM et non-OGM. Les efforts de ces agriculteurs engagés peuvent se retrouver ruinés.

 

Les industriels des OGM voudraient nous faire croire que les OGM sont la solution à la faim dans le monde. Mais les chiffres prouvent le contraire : les OGM n’augmentent pas significativement les rendements agricoles. Si les OGM ne peuvent être une solution à la faim dans le monde, c’est tout simplement parce qu’ils n’ont pas été conçus pour ça. La question de la faim dans le monde est avant tout politique et elle ne pourra pas être réglée uniquement en cherchant à augmenter les rendements.

 

Ainsi, la très grande majorité des cultures actuelles d’OGM sont exportées vers les pays riches et destinées essentiellement à l’alimentation animale. Les entreprises multinationales qui commercialisent ces OGM imposent leur loi aux agriculteurs, voire aux Etats. Les OGM ne sont pas la réponse à l’insécurité alimentaire mondiale.

 

Enfin, rappelons que l’innocuité des OGM utilisés dans l’alimentation animale ou humaine n’a jamais été prouvée. Il n’y a aucun consensus scientifique permettant de dire qu’ils sont sans danger.

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