Pour ou contre un « SMIC » européen ?

SMIC européen

Ce débat a été réalisé avec le soutien de la Commission Européenne

Pourquoi ?
Les initiatives citoyennes européennes sont un mécanisme permettant la participation des citoyens européens. Avec la Commission européenne, nous nous sommes engagés à animer le débat autour de ces ICE.

Numéro 1

S’informer

Quels sont les salaires minimum actuels dans les pays de l'UE ?
Aujourd’hui, le salaire minimum national est répandu dans 22 pays membres de l’UE.  La Suède, Finlande, Italie, Danemark, Autriche et Chypre en sont dépourvus.

Les écarts de richesse entre les pays se reflètent ainsi dans les montants. En effet, en 2014, le SMIC le plus élevé est celui du Luxembourg avec 1921€ et le plus bas, celui de la Bulgarie avec 174€.

A quoi ressemblerait un SMIC européen?
Selon ses défenseurs, l’instauration d’un salaire minimum au niveau européen pourrait mettre fin au travail sous-payé en Europe, en combattant les écarts salariaux entre pays et les inégalités.

L’idée est d’augmenter les salaires de manière générale en Europe avec le principe du « salaire égal » pour le même travail. On ne peut aujourd’hui évoquer un montant spécifique, étant donné que Bruxelles n’a pas le pouvoir d’harmoniser ou d’imposer un salaire minimum partout en Europe.

Dans un premier temps, l’instauration d’un SMIC européen n’aurait un impact que dans quelques pays.

Par ex : si l’Europe décrétait un SMIC à 200€, cela aurait un impact sur la Bulgarie qui devrait remonter son salaire minimal mais n’aurait pas d’impact en France qui a déjà un salaire plus élevé.

L’objectif final est de le remonter petit à petit pour qu’il soit un plancher pour l’ensemble des pays.

Pourquoi on en parle en ce moment ?
L’idée d’instaurer un salaire minimum européen a longtemps fait partie des programmes électoraux de plusieurs conservateurs et socialistes européens à l’approche des élections européennes. Les prochaines élections européennes auront lieu l’année prochaine, en 2019. L’occasion pour nous de relancer le débat sur son instauration !

Par ailleurs, il fait l’objet d’une ICE (initiative citoyenne européenne permettant la participation des citoyens européens) en cours actuellement. Celle-ci lutte pour réduire les différences salariales et économiques entre pays de l’UE. Découvrez maintenant les arguments POUR et CONTRE !

Sources : France 3, Le Monde

Numéro 2

Se positionner

Le principe du Drenche est de présenter l’actualité sous forme de débats. Le but est qu’en lisant un argumentaire qui défend le « pour » et les arguments du camp du « contre », vous puissiez vous forger une opinion ; votre opinion.

Quelle est votre opinion avant de lire l'article ?
LE « POUR »

OUI à des salaires minimums européens revus à la hausse !

Billet rédigé par :

Thiébaut Weber

Secrétaire confédéral de la Confédération européenne des syndicats (CES)
https://www.etuc.org/fr

Les salaires minimaux protègent les travailleurs de la pauvreté lorsqu’ils garantissent un niveau de salaire décent et mettent fin à la course au nivellement par le bas des salaires.

Même si le salaire minimum est un instrument largement répandu dans 22 États membres [1], il reste beaucoup trop bas dans la plupart des pays. Une note d’information publiée par la Confédération européenne des syndicats (CES) montre que, dans plusieurs pays européens, les salaires minimums sont tellement inférieurs au seuil officiel des bas salaires que de nombreux travailleurs doivent lutter pour joindre les deux bouts.

Dans 10 pays de l’UE, le salaire minimum se situe à 50 % ou moins du niveau du salaire médian national, ce qui à l’évidence rend difficile pour ceux qui en bénéficient de vivre décemment avec l’argent qu’ils gagnent.

Les salaires minimaux ne servent que s’ils ne protègent les travailleurs de la pauvreté. La lutte contre la concurrence déloyale sur les salaires représente un défi européen et il convient d’en faire plus pour combattre le dumping social. Il faut s’attaquer à la racine de ce qui constitue le lit du dumping social : les écarts de salaires persistants entre pays membres de l’UE.

L’heure est venue de prendre des mesures fortes sur les salaires minimums dans le cadre d’une politique plus large visant à soutenir une relance des convergences sociales en Europe. Dans le cadre du pilier social, une stratégie commune sur le salaire minimum doit avoir comme objectifs d’appliquer le principe du « salaire égal » pour le même travail et de lutter contre les inégalités.

La CES s’est d’ailleurs engagée, depuis l’année dernière, à promouvoir l’augmentation des salaires en Europe, par une politique syndicale commune plus forte et un soutien renforcé de la négociation collective.  Les négociations collectives sont essentielles pour « compléter » les salaires minimums et assurer des grilles de salaires qui permettent une juste répartition de la valeur ajoutée partout en Europe et des progressions salariales régulières pour les travailleurs.

La priorité de la campagne de la CES pour une hausse salariale vise d’abord à lutter contre la pauvreté et les inégalités. Elle vise aussi à relancer la convergence des salaires entre l’Europe occidentale et l’Europe de l’Est, entre le Nord et le Sud, et entre hommes et femmes, et ce afin d’éliminer toute forme de discrimination.

 

[1] Les 22 pays sont la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, la République tchèque, l’Estonie, la France, l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, l’Espagne et le Royaume-Uni ; cependant, les systèmes de fixation des salaires sont en évolution constante et la liste des pays ayant recours à des dispositions réglementaires pour établir des mécanismes de fixation des salaires peut varier au fil du temps.

LE « CONTRE »

SMIC européen : une chimère fédéraliste

Billet rédigé par :

Nicolas Bay

Vice-président du Front National | Député européen | Co-président du Groupe Europe des Nations et des Libertés | Président du groupe FN au Conseil régional de Normandie.
http://nicolasbay.fr

Les partisans du fédéralisme européen, en particulier issus de la gauche, militent depuis près de deux décennies pour l’instauration d’un salaire minimum européen. D’après eux cela permettrait de lutter efficacement contre la pauvreté des salariés en garantissant un seuil en-deçà duquel il n’est pas possible de rémunérer un travailleur.

C’est oublier que la concurrence déloyale ne dépend pas seulement de la politique salariale en tant que « variable d’ajustement » entre les différents pays de l’Union. Pour une action cohérente, et si on suit cette logique, il conviendrait aussi de mettre en place une uniformisation des cotisations sociales et de la fiscalité pesant sur les salaires… Harmoniser les salaires bruts n’aurait pas la moindre efficacité sans se soucier du salaire net.

On constate ainsi que ce projet de fuite en avant repose bien plus sur une utopie fédéraliste qu’une sérieuse prise en compte des réalités économiques de chaque nation.

Les disparités entre les pays membres de l’UE sont en effet très importantes, allant de 184 euros mensuels en Bulgarie à 1.923 euros au Luxembourg. La France, elle, se situe à la quatrième place avec son SMIC à 1.458 euros mensuels !

L’instauration d’un salaire minimum européen permettrait surtout de faire remonter les salaires dans les pays d’Europe centrale et de l’Est, et de les baisser drastiquement dans les pays comme la France, frappés par un mécanisme de nivellement par le bas.

La volonté d’instaurer un salaire minimum européen ne résoudrait en rien le problème de la concurrence déloyale. Elle s’inscrit dans cette conception d’une Europe devant faire preuve de toujours plus d’autoritarisme et cherchant à tout prix à en finir avec les spécificités de nos nations au nom du globalisme.

À l’heure où la plupart d’entre elles connaissent de graves difficultés budgétaires, on voit d’ailleurs mal comment l’ensemble des pays de l’Union européenne accepteraient de se laisser dicter des mesure inadéquates et impossibles à appliquer par une Commission européenne déconnectée et profondément rejetée.

Chaque pays de l’Union européenne doit être libre d’instaurer son propre salaire minimum, en fonction de son état de développement, et s’il le décide souverainement ! C’est tout le sens du projet que nous portons : une Europe qui redonne de l’oxygène à nos nations et qui respecte leurs libertés propres.

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