Faut-il lire « Sentinelle de la pluie », de Tatiana de Rosnay ?

Débat Sentinelle de la pluie, Tatiana de Rosnay

 

En partenariat avec le site  lecteurs.com de la fondation Orange, Le Drenche republie les avis de deux lecteurs sur un livre.
Aujourd’hui, découvrez les avis sur Sentinelle de la pluie, le dernier roman de Tatiana de Rosnay, paru aux éditions Héloïse d’Ormesson.

 

Numéro 1

S’informer

L'histoire

Quand la Seine menace de déborder et que tout le monde est attentif aux risques, la crue devient le sujet majeur de discussion lors des rencontres urbaines.

Tatiana de Rosnay a choisi cette situation pour planter le décor de son dernier roman, et ce bien avant qu’il ne soit autant d’actualité.

Mais dans Sentinelle de la pluie, il n’y a pas seulement la Seine, il y a aussi des personnages…

Numéro 2

Se positionner

Le principe du Drenche est de présenter l’actualité sous forme de débats. Le but est qu’en lisant un argumentaire qui défend le « pour » et les arguments du camp du « contre », vous puissiez vous forger une opinion ; votre opinion.

ELLE A AIMÉ

Sous des trombes d’eau ininterrompues, Linden, un photographe américain renommé, retrouve ses parents et sa sœur Tilia à Paris, pour fêter les 70 ans de son père. La vie de celui-ci tourne exclusivement autour de son amour pour les arbres, il semble ne s’être jamais véritablement investi dans sa famille. Victime d’un AVC, il est hospitalisé inconscient, alors que la Seine est sortie de son lit, et qu’une inondation catastrophe menace la ville. Dans un huis-clos familial, le lecteur découvre alors les drames et les secrets enfouis de chacun des personnages.

Blessures de l’enfance, rupture, besoin de reconnaissance, amour filial sont les lignes directrices de ce roman. Durant 300 pages, chacun des personnages semble rongé par son passé. Peu à peu, il se dévoile aux autres, comme ‘libéré’ par la mort qu’il craint pour son père. A travers le cataclysme imminent, c’est finalement comme si une menace pesait sur l’humanité entière et que chacun ressentait le besoin de faire la paix avec les autres, pour faire la paix avec lui-même.

J’ai aimé les circonstances de cette histoire, l’ambiance de Paris sous une pluie incessante, le 15earrondissement en bateau, des scènes de fin du monde, au début personne n’y croit, puis peu à peu la tension s’installe dans l’histoire, et également dans l’imaginaire du lecteur. J’ai également aimé la poésie dégagée autour de la passion du père pour les arbres, la sensation d’être transporté avec lui dans un monde de douceur et de bien-être.

En parallèle de ces 2 ambiances qui s’opposent, on pense avoir à faire à une gentille petite famille au départ, puis on découvre le drame que chacun a vécu en silence.

Malheureusement, l’auteur en fait un peu trop, et on tombe rapidement dans la caricature. Trop de drames et de secrets à dévoiler font perdre en crédibilité et en sentiment. Ce roman manque de simplicité, il est trop long, et pas assez profond. Il vaut souvent mieux suggérer les choses que de les expliquer, sinon on perd un peu ce qui fait, à mon sens, la beauté de la lecture : l’émotion.

Adepte des histoires qui font la part belle aux personnages et non aux événements, je n’ai pas adhéré à cette histoire qui fera néanmoins le bonheur des amateurs de sensationnel.

Si vous deviez le conseiller ?

Je le conseille aux lecteurs impatients qui ont peur de s’ennuyer et qui ont besoin qu’il arrive quelque chose à chaque page !

IL A MOINS AIMÉ

Lauren, une américaine sexagénaire, organise avec brio l’anniversaire de son mari mal en point. Elle n’invite que le cœur d’une cellule familiale, son mari Paul, Linden son fils et Tilia sa fille, à célébrer l’évènement.

Parfois desservie par une écriture un peu lourde et sans émotion, l’histoire nous plonge avec habileté dans un Paris diluvien. Saga familiale solide mais parfois convenue qui enchaine un à un les malheurs des protagonistes.

Par de subtils allers-retours, nous visitons  des villes magnifiques Londres, New York, San Francisco… et  Paris.

Paris et son déluge, Paris et son artère, son poumon : la Seine, omniprésente, parabole de l’angoisse et du malheur de chacun, qui monte et monte sans cesse.

Ce que j’ai aimé ? La sensibilité de ce fils brillant qui n’a pu trouver sa place que par la force du départ et de l’aventure. Mais surtout la simple histoire familiale que nous connaissons tous avec ses lumières et ses ombres. Cette simple histoire familiale, avec sa complexité, ses enjeux, ses dits et non-dits.

Ce que je n’ai pas aimé ? Cette ambiance trop souvent présente de série télévisuelle ou de roman d’été.

Sentinelle de la pluie est un livre facile, une belle histoire, à lire sans réfléchir pour se vider la tête.

Si vous deviez le conseiller ?

Si vous espérez y trouver un chef d’œuvre et une source d’intenses réflexions passez votre chemin. Mais simple et prenant, je conseille ce livre pour des vacances farnientes.


 

plus
Ajoutez un argument POUR
Ajoutez VOTRE argument
Ajoutez un argument CONTRE
plus

 

S’engager


Soyez le premier à commenter

image user Ajoutez un argument POUR Argument POURPOUR
Ajoutez un argument CONTRE Argument CONTRECONTREimage user