Le vote blanc doit-il avoir un pouvoir révocateur ?

Le contexte

Qu'est-ce que le vote blanc ?
Qu'en est-il en France ?
Qu'est ce que le pouvoir révocateur ?
Le vote blanc a-t-il un pouvoir important ailleurs ?

Le principe du DRENCHE est de présenter l’actualité sous forme de débats. Le but est qu’en lisant un argumentaire qui défend le « pour » et les arguments du camp du « contre », vous puissiez vous forger une opinion ; votre opinion.

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Le garde-fou démocratique

Le Pour gris

Billet rédigé par :


Logo citoyens du vote blancXavier De Jaeger 

Citoyens du Vote Blanc

www.parti-du-vote-blanc.fr

Pour commencer, il convient de rappeler ce qu’exprime le vote blanc. Ce n’est ni un désintérêt, ni un manque d’information ; le vote blanc clame avant tout le refus des candidats en présence, des programmes présentés et affirment l’hostilité de l’électeur « blanc » face à la politique qu’on lui propose.

Dans notre conception, le vote blanc porte un message unifié : “Je souhaite m’exprimer mais ce que vous me proposez ne me convient pas”. De ce fait, les votes blancs majoritaires dans les suffrages exprimés peuvent invalider un scrutin, en l’absence d’adhésion notable des votants aux programmes proposés.

Le vote blanc doit avoir un pouvoir révocateur afin de jouer son rôle de garde-fou démocratique. Il est le garant d’une expression réelle des citoyens et de leur volonté grandissante de rejouer le scrutin si les candidats n’obtiennent pas la majorité. Il est primordial que le vote blanc ait un pouvoir révocateur pour éviter que des candidats ne soient élus alors que 99,9 % des électeurs ont exprimé leur refus envers ces derniers en votant blanc. Car c’est malheureusement vers cette aberration que notre système se dirige si le vote blanc avec pouvoir révocateur n’est pas rapidement pris en compte.

Afin d’éviter des scrutins à répétition, il faut que le pouvoir révocateur du vote blanc soit aussi associé à l’interdiction à ceux qui se sont présentés de participer à la nouvelle élection. Le pouvoir révocateur du vote blanc, associé à cette interdiction, aura pour conséquence de faire émerger de nouveaux candidats avec de nouvelles propositions, permettant ainsi de dynamiser la démocratie. A l’instar, de ce qui est proposé en Colombie, il est aussi possible de limiter le nombre de fois où le vote blanc peut annuler une même élection. Ceci permettra de couper court aux critiques de certains représentants qui préfèrent agiter l’épouvantail du blocage qu’occasionnerait le pouvoir révocateur du vote blanc plutôt que de voir l’avancée démocratique qu’il représente.

La possibilité de dire « non » doit être une alternative possible. Ceci est à inscrire dans le marbre de la Constitution. Sans son caractère révocateur, le vote blanc perd son intérêt démocratique et sa portée contestataire mais combien légitime.

Voter, c’est choisir !

Le contre gris

Billet rédigé par :

Arnaud LacheretArnaud Lacheret 

Docteur en Science Politique, Enseignant-chercheur à Idrac Business School, chercheur associé à Pacte / Sciences Po Grenoble

Comme après chaque élection intermédiaire, on souligne une abstention importante et comme à chaque fois qu’une abstention est importante, on se dit que le vote blanc pourrait avoir plus de pouvoir. De brillants esprits proposent alors de le comptabiliser réellement en dehors des nuls. On va même jusqu’à proposer qu’il compte dans les exprimés. Parfois, on propose qu’au-delà d’un certain pourcentage de vote blanc, le scrutin soit annulé.

A priori, cette idée parait séduisante, hautement démocratique. Elle permettrait, comme en Espagne, par exemple, de mieux identifier le vote de ceux qui choisissent de ne pas choisir, qui ne se reconnaissent pas dans l’offre politique proposée.

En fait, rien n’est plus pervers que cette idée, qui n’a fait ses preuves nulle part : l’Espagne n’a pas eu besoin du vote blanc pour voir avec Podemos et Ciudadanos une nouvelle offre politique émerger. Dans les pays où le vote est obligatoire comme la Belgique, ou dans ceux où le référendum est pratiqué très souvent comme la Suisse, peut-on parler de modèle démocratique idéal ? La Belgique est de fait coupée en deux, la Suisse vote majoritairement pour un parti d’extrême droite, est-ce politiquement plus enviable que ce que l’on voit en France ?

La notion de vote, dans notre République, est indissociable de celle de choix. On vote pour un représentant qui nous convient, et quand cela ne suffit pas pour quelqu’un qui nous parait le moins éloigné de nos aspirations. Ne pas choisir, quelque part, c’est refuser l’offre existante et philosophiquement, cela ne correspond pas à l’idéal républicain. On soulignera que dans un pays comme le nôtre où existent des dizaines de partis politiques, peut-on vraiment sincèrement affirmer qu’aucun ne convienne ?

Par ailleurs, une plus grande importance donnée au vote blanc pourrait-il vraiment lutter contre l’abstention ? Celle-ci est la plus importante dans les banlieues populaires : 20 % des inscrits votent à Vaulx en Velin, record national. Est-on bien certain qu’en donnant davantage de pouvoir au vote blanc, cette population très pauvre, composée notamment de nombreux jeunes issus de l’immigration, se mettrait comme par magie à se rendre aux urnes ?

Faire revenir les électeurs aux urnes nécessite principalement qu’enfin, les partis traditionnels apprennent à parler au peuple, celui de la France périphérique et des banlieues qui a parfois le sentiment d’être dépossédé  de ses valeurs, de ses repères, celui qui ne se reconnait plus dans cette République qui ne s’adresse qu’à une élite lointaine et qui ignore son quotidien. Ce n’est pas parce qu’on leur donnera le pouvoir de révoquer qui que ce soit en votant blanc que cet électorat cessera de voter pour les extrêmes ou de s’abstenir.

 

 

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Photo : Marcello Casal Jr/ABr – Wikimédia Commons

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3 Commentaires sur "Le vote blanc doit-il avoir un pouvoir révocateur ?"

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BrokenArrow
Invité
Il a eu son doctorat dans une pochette surprise, le monsieur de droite ? En bon communicant, il commence – comme moi à titre de démo – par un argumentum ad personam / ad hominem, puis collectionne les sophismes et amalgames. Il oublie juste qu’abstention et vote blanc sont deux extrêmes opposés. L’Abstentionniste se fiche royalement de la République, de la Politique et des politiciens. Il ne perd pas son temps à faire quelque chose en quoi il ne croit plus, s’il y a cru un jour. Celui qui vote blanc fait, au contraire, la démarche expresse et républicaine d’aller s’exprimer, même s’il exprime le refus d’un faux choix imposé et limité. Faux choix imposé qui n’a qu’un seul but : la politique menée doit voir sa continuité assurée, afin de protéger l’élite en place, qu’elle soit de « gauche » ou de « droite » traditionnelle. Faux choix limité par un système électoral… Read more »
Jean Hugues Robert
Invité

« La Belgique est de fait coupée en deux, la Suisse vote majoritairement pour un parti d’extrême droite, est-ce politiquement plus enviable que ce que l’on voit en France ? »

Pour ce monsieur, manifestement, le problème c’est que quand le peuple ne vote pas comme il veut… ce n’est plus démocratique. Si la Belgique est coupée en deux et la Suisse majoritairement à l’extrême droite, ça n’a certainement aucun lien avec le vote blanc et tout à voir avec autre chose.

COLOMB
Invité

Le vote blanc doit être comptabilisé car il a un sens. Maintenant il est aussi nécessaire de fixer des règles pour en tenir compte et éventuellement programmer une nouvelle consultation selon des règles à préciser.
En l’absence de ces précisions le vote blanc restera accessoire, sans effet et donc ne rassemblera pas; il restera un indicateur marginal.

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