Le Plan vélo : une avancée pour Paris ?

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Le principe du Drenche est de présenter l’actualité sous forme de débats. Le but est qu’en lisant un argumentaire qui défend le « pour » et les arguments du camp du « contre », vous puissiez vous forger une opinion ; votre opinion.

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LE « POUR »

Paris capitale du vélo d’ici 2020

Billet rédigé par :

Pauline Véron

Maire-Adjointe de Paris chargée de la démocratie locale, de la participation citoyenne, de la vie associative et de la jeunesse.
http://www.paulineveron.fr

En cette rentrée, le vélo – et ses défenseurs – sont accusés de tous les maux : les cyclistes créeraient des embouteillages, empêcheraient les véhicules de secours de circuler ou n’utiliseraient pas les voies faites pour eux… Comment ne pas voir dans ces attaques caricaturales, venues d’élus de l’opposition ou de lobbies automobiles, une défense du « tout voiture » et une volonté farouche de ne rien changer à des comportements qui correspondent au monde d’hier.

Rappelons pourtant que le « Plan Vélo » présenté par la Maire de Paris en 2015 a été adopté à l’unanimité du Conseil de Paris, gauche et droite confondues. Tout le monde s’accordait alors pour reconnaitre que doubler le nombre de kilomètres de voies cyclables dans la capitale d’ici 2020, était une avancée pour Paris.

Pourquoi ? Parce que sortir du « tout voiture » est un objectif en soi pour celles et ceux qui, comme Anne Hidalgo, prennent la lutte contre la pollution au sérieux. La voiture est en grande partie responsable de la pollution de l’air qui engendre des problèmes majeurs de santé publique (6500 morts prématurées à l’échelle du Grand Paris d’après l’Agence européenne pour l’environnement). Or, décourager l’usage de la voiture ne se fera pas à coup d’arguments que ces conducteurs (80 % sont des hommes seuls, pour la grande majorité des CSP+, 78 % déclarent utiliser leur voiture par confort et non par nécessité) connaissent par cœur. Décourager l’usage de la voiture passe par un investissement massif dans les modes de transport doux et collectifs. D’où les 150 millions d’euros consacrés au plan vélo parisien et les 381 millions consacrés aux projets de transports en commun.

Ce plan est aussi une avancée pour Paris en termes d’usage et de partage de l’espace public. Dans une ville aussi dense que la capitale (ville d’Europe la plus dense), le vélo présente l’avantage de demander des aménagements plus légers, là où la voiture, qui représente 13 % des déplacements, occupe 50 % de la voierie. Qui dit plan vélo, dit aussi plan piéton, végétalisation de l’espace public, nouveaux agrès sportifs en plein air…  Car l’espace public, espace de vie à partager, se pense globalement.

Alors, à ceux qui disent que le vélo « c’est bien mais… » (pas pour moi/ pas tout de suite/ pas dans mon quartier…), nous répondons par une vraie transformation de la ville. La création d’une voie bi-directionnelle rue de Rivoli est un des symboles de cette transformation qui vise, non pas à cantonner le vélo à un sympathique loisir du dimanche, mais à en faire un véritable mode de déplacement. Et les Parisiens sont nombreux à nous le demander d’ailleurs, comme en 2015 avec le projet « En piste, encore plus d’aménagements cyclables », arrivé en tête des votes du budget participatif.  Pour réaliser cette ville du 21ème siècle, apaisée et moins polluante, il est nécessaire de rendre le vélo plus simple, plus facile, moins dangereux dans les rues parisiennes. C’est l’objectif de notre « Plan Vélo » et c’est bon pour les Parisiens, cyclistes ou non, pour notre santé et celle de nos enfants.

LE « CONTRE »

Un plan de mobilité anti-voitures

Billet rédigé par :

Pierre Chasseray

Délégué général de l’association « 40 millions d’automobilistes »
https://www.40millionsdautomobilistes.com/

Cela aurait pu être une réelle avancée si Madame Hidalgo n’avait pas réussi cette prouesse technique de monter les usagers les uns contre les autres.

Dans une ville parfaitement gérée sur le plan de la mobilité, il est évident que toute création de voies cyclables serait saluée. Mais à Paris, à chaque projet sa sortie de route.

Sans proposer d’alternative sérieuse aux automobilistes englués chaque jour dans les bouchons, weekend compris, la maire de Paris dogmatise.

Pendant qu’elle dresse un bilan positif de la baisse du nombre de voitures dans la capitale d’environ 30 % ces dernières années, elle en oublie que les bouchons, eux, progressent chaque année d’environ 8 %, ne faisant alors que renforcer l’idée d’un Paris congestionné et saturé de voitures.

Coincé dans les embouteillages, l’automobiliste finit par ne plus accepter les voies cyclables quasi désertes se multipliant dans la capitale. La question n’est pas de savoir si un jour, elles seront d’avantage empruntées, car c’est une certitude. Mais plutôt de se demander pour quelles raisons elles ne le sont pas aujourd’hui ?

La réponse vient du Danemark, à Copenhague, ville justement adoubée comme « Ville paradis du vélo ». Ce que l’on oublie trop souvent, c’est que c’est aussi le paradis des automobilistes, car le plan vélo au Danemark s’est accompagné d’une réelle volonté d’agir en complémentarité, en transition, sans tordre le bras des automobilistes mais bien en proposant des alternatives progressives sans pour autant restreindre l’accès à la capitale aux usagers.

Le plan vélo de la mairie de Paris est davantage un plan anti-voitures, laissant au placard tous les habitants de banlieue pour qui la voiture est une nécessité.

Toute politique visant à stigmatiser une population vis-à-vis d’une autre est un échec, pire encore, un danger.

Rappelée poliment à l’ordre par le ministre de l’Intérieur et le Préfet de police de Paris sur l’absence de débat et les risques liés à sa politique, elle n’écoute que ceux qui pensent comme elle, oubliant sans nul doute que défendre l’intérêt général des automobilistes comme le fait l’association « 40 millions d’automobilistes » n’est pas incompatible avec un plan vélo rondement mené. Alors en travaillant ensemble, sans doute que la diversité d’opinions aurait créé notre richesse et contribué à un plan de mobilité réussi plutôt qu’à un record de bouchons en Île-de-France il y a moins de 10 jours…

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4 Commentaires sur "Le Plan vélo : une avancée pour Paris ?"

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Schreiber
Invité

Monsieur Chasseray nous parle de Copenhague , sait il qu’une partie non négligeable est interdite aux voitures , que dans les zones où l’on peut se garer dans les parkings, les prix sont prohibitifs entre 6 et 10 euros de l’heure , que le prix des amendes est salé…..

versaci Alain
Invité

Le boulevard bineau à neuilly sur seine est bien connu pour rejoindre le Pont de Colombes à la Porte Champerret. L’Association des habitants s’est battu pour que les 260 arbres qui couvre cet boulevard ne soient pas abattus. 6 seront abattus. Il y a actuellement de chaque coté 1 couloir de bus et 2 voies. La region Ile de France a decidé, les travaux ont commencé au cout de 10 millions de transformer le boulevard en 1 seule voie de circulation, un couloir bus elargi et une piste cyclable ; de chaque coté. Motif : permettre au cyclistes de se rendre au travail à Paris et de rentrer chez eux. 36.000 vehicules par jour. 15 à 20 velos par semaine. Etonnant, non ?

Ferrand
Invité

J’aimerais bien les voir par -5° sur leurs vélos cet hiver, et quand ils arrivent trempés au bureau le matin. Demandez à un maçon s’il a la force de faire 20km de vélo après le boulot. Encore si les transports en commun étaient améliorés, plus propre, moins en grève, plus nombreux, moins chers, mieux desservis… On pourrait commencer par là avant de mettre un bazar pareil en ville, des amis artisans perdent une clientèle précieuse pour la survie de leurs entreprises à cause du temps qu’il leur faut pour traverser Paris, et ce n’est pas la mairie qui va porter leurs caisses à outils en vélo.

Alain
Invité

Vous ne devez pas prendre souvent les transports en commun tôt le matin car vous y rencontreriez justement ceux qui n’ont certainement pas les moyens de se rendre à leur travail ou leur chantier en voiture !
Quant aux artisans, ils sont plus gênés dans leurs déplacements par tous ceux qui pourraient faire autrement (grosso modo la moitié des voitures) , que par les cyclistes qui font justement l’effort de ne pas boucher ni polluer!
Quant aux -5 degrés… en 2016 à Paris il n’y a eu qu’un jour où la température est restée négative toute la journée. Et 14 jours où elle est passée négative. Alors soyons sérieux. Un Danois ne souhaite pas plus qun Français arriver en sueur au travail alors on sait que c’est possible de modifier nos comportements…

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