📋 Le contexte 📋
Régulièrement, deux étudiants débattent d’une question plus ou moins fondamentale… Le but est de réaliser un exercice d’éloquence et de débat par écrit. Ils écrivent, vous jugez !
Révolte-toi Nanterre est une association étudiante de débat et d’éloquence de l’université de Paris Nanterre. Sa mission est de former les étudiants à la prise de parole en public, mais aussi de mettre en avant l’art oratoire. L’association fait partie de la Fédération Francophone de Débat avec laquelle nous sommes partenaires.
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Révolte-toi Cergy est une association étudiante de débat et d’éloquence de l’université de Cergy-Pontoise. L’association, également membre de la Fédération Francophone de Débat, promeut l’art oratoire, et ce notamment à travers des ateliers pour former des étudiants à la prise de parole.
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🕵 Le débat des experts 🕵
Le sujet que nous avons à traiter aujourd’hui est selon moi, un procès d’intention de l’ortie. Cette plante verte, poussant un peu partout, possède de nombreuses vertus méconnues et mise de côté au profit de vieux souvenir d’enfance commençant par « ouille » et finissant par « ça pique ».
Un rapide coup d’œil sur internet permet à n’importe qui d’apprendre en quelques clics que l’ortie est néanmoins un diurétique au piquant hors pair. La question se posant ensuite pour n’importe quelle personne en dessous de 70 ans, et vous allez comprendre pourquoi, est : qu’est-ce qu’un diurétique ?
Je vous le donne en mille, c’est une substance agissant contre les douleurs de l’arthrite et des rhumatismes ! Des maux dont sont particulièrement touchés nos chers grands-parents.
Comble des choses, l’ortie est reconnue, et cela depuis l’Antiquité, comme l’une des plantes médicinales les plus efficaces et les plus simples à trouver.
Alors vous me direz, pousser notre grand-mère dans les orties n’est- il pas un moyen un peu barbare de vouloir lui soulager son arthrite ?
Chose à laquelle je vous répondrai que tout le monde a besoin d’être poussé dans la vie, poussé à faire des études, poussé à vaincre sa timidité, poussé à se lever à 8 heures du matin un lundi. Alors pourquoi pousser notre grand-mère à essayer d’autres remèdes, millénairement reconnues qui plus est, serait-il un mal ?
Mesdames et messieurs, il est l’heure. L’heure de rendre ses lettres de noblesse à cette plante si décriée, mais si utile passé un certain âge. L’heure de mettre de côté l’infliximabe, la rituximab et autres antalgiques, compagnons si fidèles des tables de chevet de nos anciens et de remettre au goût du jour racines, jus frais et autres cataplasmes d’orties !
Mesdames et messieurs, je vous le dis, pour leur bien poussez vos mémés dans les orties !
Nul ne peut nier n’avoir jamais eu l’envie ou même l’idée de bousculer les choses, de remplacer les convenances ou les idées établies. La nature profonde de l’Homme le pousse à jouer sans cesse avec les limites qui lui sont imposées. Il peut ainsi apprendre à découvrir le monde dans lequel il évolue, et faire le tour de ce qu’il est lui-même. Il s’affranchit en somme des règles. Mais à quel prix ? Cette volonté de sans cesse pousser et repousser les règles, légitimes, par ailleurs, ne sert que l’individu lui-même et strictement lui-même. Celui qui fait le choix de s’en affranchir pour en tirer un quelconque profit fait montre d’égoïsme. Il n’hésite pas à agir avec lâcheté en poussant une personne fragile et faible, allégorie de la règle, pour ses propres intérêts.
Quelle vertu y-a-t-il à s’offrir une place dans un paysage fleuri et agréable quand, dans le même temps, son prochain est dans les épines ? Seul l’individualiste pourrait se contenter, sans remords, d’une situation dans laquelle il aura dû forcer la main et, le cas échéant, contraindre un autre à se laisser aller à une situation aussi peu confortable que d’avoir le cul dans les ronces. Il est impossible de se contenter d’une situation dans laquelle seul celui qui le souhaite obtient ce qu’il désire et l’obtient par la violence, la tromperie ou la dissimulation. C’est le petit confort personnel contre la règle de la société, ce sont les intérêts particuliers contre l’intérêt général Aucune société ne peut se vanter de laisser libre cours à une situation où la loi du plus fort s’imposerait à tous. Il semble, malgré tout, à la mode de repousser sans cesse les limites du consentement, surtout quand mémé, non contente d’être fragile, est propriétaire d’une résidence secondaire, par exemple. On repousse Mémé hors de sa maison pour en bénéficier soi même sous prétexte que la maison est vide, en envoyant valser, par la même, le droit de propriété et le respect dû à la règle.
En somme, si le doute semble permis quant à la légalité de l’utilisation du coup de force pour obtenir ce que l’on souhaite, la moralité est complètement étrangère à ce procédé, qui ne peut décemment pas apparaître comme étant éthique.