
Le contexte
Le principe du Drenche est de présenter l’actualité sous forme de débats. Le but est qu’en lisant un argumentaire qui défend le « pour » et les arguments du camp du « contre », vous puissiez vous forger une opinion ; votre opinion.

Venez partager
Pierre-Yves BOURNAZEL
Député et ex-Conseiller régional délégué spécial aux Jeux Olympiques et Paralympiques, élu du XVIIIeParis 2024 est un grand projet qui fédère des énergies positives, parce que c’est un projet d’intérêt général. L’Etat, la ville de Paris, la région Ile-de-France, mais aussi les organisations syndicales et patronales se mettent ensemble au service du monde sportif. Ils sont si rares ces projets qui transcendent les logiques partisanes et qui permettent de porter une vision de long terme…Cette unité, c’est notre force pour réussir cette candidature olympique et paralympique.
Tout d’abord, Paris 2024, avec 95% de sites existants ou qui seront temporaires, offre une garantie de maitrise des coûts car seuls le village olympique autour de la Cité du cinéma, le village des médias au Bourget et le centre aquatique à Saint-Denis, face au stade de France, sont à construire.
Ce projet nous l’avons conçu dès le départ pour laisser un héritage. Ainsi, la reconversion du village olympique en 3500 logements et du village des médias en 1500 logements permettront de créer de nouveaux éco-quartiers exemplaires sur le plan de l’innovation et du développement durable pour les franciliennes et les franciliens. 1ère candidature certifiée de la norme environnementale ISO 20121, Paris 2024 travaille avec l’appui de l’expertise de WWF pour proposer les Jeux les plus écologiques de l’histoire.
Paris 2024 représente en effet un formidable accélérateur de politiques publiques pour désenclaver les territoires et améliorer la qualité de vie de ses habitants. Il permettra, par exemple, de sécuriser et d’accélérer la réalisation du Grand Paris Express et de ses 68 nouvelles gares. En 2024, « la révolution des transports » engagée par la Région sera également achevée, avec le renouvellement de 1000 trains neufs, la prolongation de lignes de RER (EOLE) et de métro (12 et 14) ou la création de nouvelles lignes (16 et 17), mais aussi « le Grand Paris des bus » qui permettra de créer des dizaines de nouvelles lignes et la mise en place de 1000 bus supplémentaires. En 2024, la mobilité au quotidien des franciliens, qui est la première des libertés, sera ainsi profondément améliorée.
Accueillir le plus grand événement au monde dans la Région la plus visitée du monde, c’est bien entendu une opportunité unique de création d’emplois dans le secteur stratégique du tourisme. Nous avons besoin de cette vitrine pour promouvoir le savoir-faire de nos entreprises et pour accélérer la formation aux nouveaux métiers de demain.
Enfin, 85% des jeunes de 12 à 25 ans soutiennent Paris 2024. Jamais une candidature n’a élaboré un processus de concertation aussi poussé et innovant pour partager son projet avec la jeunesse. Cet optimisme et cet engouement olympique et paralympique n’ont jamais été aussi forts. Venez partager !

Imposons au CIO des Jeux sobres et éthiques !
Et il n’en resta plus que deux. Abandon après abandon, seuls Paris et Los Angeles sont encore en lice pour les JO 2024 et 2028. Que ce soit Boston, Hambourg, Budapest ou Rome, les raisons de leur défection sont chaque fois similaires : la quasi-certitude de voir le budget exploser, le mystère autour des retombées économiques jamais chiffrées, l’absence de contrôle démocratique, l’impact environnemental important, les nuisances pour les habitant-es et l’invasion publicitaire de l’espace public lié à un modèle basé sur le sponsoring de marques.
Pour cette édition, les deux candidats ont fait le pari de Jeux soi-disant “low-cost” (les budgets restent faramineux, avec un prévisionnel de 6,2 milliards pour Paris2024). Même si les candidatures de Paris et Los Angeles présentent des aspects positifs, notamment avec l’utilisation d’équipements existants, ne nous faisons pas d’illusions ! En raison des délais impératifs à tenir, il ne peut y avoir de bonnes surprises. En matière de travaux, tout imprévu coûte rapidement très cher.
Quant aux retombées économiques, le flou est roi. Avant les JO, on minimise les coûts pour avantager sa candidature, maximisant au passage les bénéfices attendus. Mais ces derniers ne profitent qu’aux partenaires du CIO et, bien sûr, au CIO lui-même, cela d’autant plus que les revenus issus des Jeux sont défiscalisés !
En France, ces arguments, seuls les écologistes les ont portés quand tout le monde donnait un blanc-seing aux Jeux. Ce désamour croissant des citoyen-nes a finalement été entendu par le comité, qui vient de décider d’une double attribution. Deux candidats, deux olympiades, sur le papier tout le monde est gagnant. Pourtant le vrai vainqueur, c’est le CIO : il sécurise l’organisation des deux prochaines éditions et se laisse 10 ans pour réfléchir à un autre modèle.
Alors que le CIO n’a d’autre choix que de faire avec Paris et Los Angeles, les futures villes hôtes doivent faire front pour imposer leurs conditions : des Jeux sobres et éthiques.
Nous voulons une compétition qui durerait 4 semaines au lieu de 2 afin de lisser le flux de spectateurs et éviter la sursaturation du territoire, mieux valoriser les paralympiques, imposer la couverture des dettes en cas de dépassement du budget, réduire les émissions de pollution, limiter l’agression publicitaire et en finir avec l’exonération fiscale du CIO.
Cette alliance des villes pour changer de modèle et revenir à l’essence même des valeurs de l’olympisme n’est pas une utopie. Au contraire, elle est à portée de mains pour que “changer les JO” ne demeure pas juste un slogan.


