Covid-19 : Tout comprendre sur les vaccins (1/2)

LE DÉCRYPTAGE DE L’ACTU

Chaque semaine, on essaye de comprendre pour vous un sujet qui fait l’actu, mais qui peut paraître un peu ardu…

Annonciatrice d’une lueur au bout du tunnel, l’arrivée des vaccins contre la Covid-19 ont suscité un bref sourire d’espoir sur le visage de la scène internationale, rapidement obscurci par la résurgence des cas et l’apparition de la souche britannique, 50% à 74% plus contagieuse. Toutefois, la présence de ces vaccins pourrait bien alléger la charge de cette “troisième vague”, pour peu qu’ils soient efficaces contre les variants existants et qu’une proportion suffisante de la population soit vaccinée. En France, les réticences face à la vaccination, déjà bien connues auparavant, persistent. 

Le Drenche a essayé de comprendre pour vous les tenants et les aboutissants de la vaccination contre la Covid-19. 

Déjà, un vaccin comment ça marche ?

Lorsque nous tombons malade, notre corps réagit pour combattre la maladie. La présence d’antigènes (substance reconnue comme infectieuse par notre système immunitaire) active alors la production de lymphocytes T, qui détruisent les cellules étrangères, et de lymphocytes B, producteurs d’anticorps.

Certains de ces lymphocytes demeurent dans notre corps après la guérison et agissent comme une “mémoire immunitaire” tendant à empêcher une contamination ultérieure par le même agent pathogène. Par exemple, il est théoriquement impossible de contracter la rougeole deux fois car la première fois, nos anticorps auront développé des lymphocytes empêchant une seconde contamination. 

Un vaccin fonctionne de la même manière. Il s’agit d’injecter un agent pathogène affaibli ou rendu inoffensif dans notre corps afin que ce dernier développe les anticorps et la mémoire immunitaire nécessaires. Toutefois, avec le temps, le taux d’anticorps peut diminuer. C’est pourquoi il est parfois nécessaire de faire des rappels de vaccins. 

Lorsque l’on nous injecte un vaccin contre la rougeole, c’est en fait comme si on nous injectait une forme rendue inoffensive de la rougeole. Malgré l’absence de symptômes, notre corps va combattre l’injection et donc développer une réponse immunitaire propre à la rougeole empêchant une future contamination. 

Un vaccin à ARN, c’est quoi ?

Il existe deux grandes familles de vaccins : ceux qui contiennent un agent infectieux, c’est-à-dire une maladie atténuée ou inactivée, et ceux qui n’en contiennent pas. Parmi cette famille de vaccin existe une méthode assez récente : le vaccin à ARN messager ou ARNm, méthode utilisée pour les vaccins Pfizer et Moderna contre le SARS-Cov-2. 

Le vaccin contre le SARS-Cov-2 est le premier à utiliser la technique de l’ARN messager. Il repose sur l’injection d’une particule du matériel génétique du virus, appelée ARN. Dans les vaccins Pfizer ou Moderna, celle-ci est synthétique, c’est-à-dire qu’elle est créée de toute pièce en laboratoire. Le but de cette injection est de transmettre à notre corps l’information de produire des protéines Spike (ou protéine S). Il s’agit de la principale protéine de ce virus, celle qui lui permet de pénétrer nos cellules. C’est aussi cette protéine qui donne au SARS-Cov-2 sa forme de couronne. Nous pourrions la comparer à une clef, ouvrant l’accès de notre au corps à la Covid-19.

À la suite de cette injection, l’ARNm va donc transmettre à certaines de nos cellules musculaires le message de produire temporairement les protéines Spike (ou protéine S) de la Covid-19.

Toutefois, notre corps ne contenant que la « clef » et pas le virus en lui-même, nous ne tombons pas malade. La protéine est d’ailleurs éliminée très rapidement par nos défenses immunitaires, ce qui va provoquer un schéma d’immunité classique : reconnaissance d’un agent infectieux par notre corps, déclenchant la production des fameux lymphocytes B et T activant notre mémoire immunitaire face au SARS-Cov-2 pour empêcher une future contamination. 

Un vaccin à ARN messager, c’est fiable ?

De nombreuses critiques se sont élevées contre les vaccins Pfizer et Moderna, d’une part du fait de la rapidité avec laquelle ils ont été créés et d’autre part, du fait de la technique par ARN messager utilisée. 

Le développement d’un vaccin prend généralement une dizaine d’années. Dans le cas présent, la rapidité inhabituelle de l’invention du vaccin contre la Covid-19 s’explique par plusieurs facteurs. Tout d’abord, des moyens colossaux ont été débloqués à travers le monde face à la gravité de la pandémie mondiale pour allier efficacité et rapidité lors du processus de recherche. De plus, la connaissance préalable de coronavirus de la même famille tels que le SARS-Cov-1 et le MERS-Cov a facilité ces recherches. Enfin, trouver des volontaires à la vaccination afin de tester le virus a été bien plus simple que d’ordinaire. Cela a notamment permis des essais cliniques plus larges, permettant de mieux s’assurer de la sécurité du vaccin. A titre d’exemple, le vaccin Pfizer a été testé sur plus de 40 000 personnes et serait fiable à 95%

En outre, la technique ARNm, jamais utilisée auparavant dans un vaccin commercialisé à cette ampleur, est bien plus rapide à mettre en place et à reproduire que la méthode classique. 

Ce procédé à ARN messager a cependant été sujet à critiques, soulevant des interrogations sur des potentiels risques de modification génétiques. Il est pourtant impossible pour la technique ARNm de modifier l’ADN. L’ARN agit dans le cytoplasme de la cellule et non dans le noyau (qui contient l’ADN) et le corps humain n’a tout simplement pas la capacité de faire pénétrer l’ARN dans le noyau pour faire en sorte qu’il s’intègre à l’ADN. De plus, ce n’est pas l’ADN qui produit les protéines de notre corps mais le ribosome…situé dans le cytoplasme.

Dans le processus naturel, l’ADN envoie des messages, ou plutôt des ARN messagers (des vrais cette fois et non de synthèse) au ribosome pour lui indiquer quand et comment produire une protéine. Un peu comme une notice IKEA ou une recette de cuisine. L’ADN contient le modèle original tandis que l’ARN n’est qu’une « photocopie ». La technique ARNm intervient donc uniquement dans le processus intermédiaire entre l’ADN et la production de protéines, sans risque de modification génétique. 

Comme tous les vaccins et, de manière générale, tous les médicaments et remèdes, le vaccin contre la Covid-19 présente des risques d’effets secondaires. Les risques graves seraient toutefois minimes, de l’ordre d’1/100 000. Enfin, bien qu’on ne connaisse pas encore tous les tenants et aboutissants de la technique à ARN messager, du fait de l’importance de la pandémie mondiale, les vaccins Pfizer et Moderna ont subi bien plus de tests et de vérifications que les autres vaccins existants. 

Sources : Organisation Mondiale de la Santé, Académie Nationale de Médecine, Santé Magazine, Vidal, TV5 Monde, Le Figaro

 

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